Bienvenue à toutes et à tous!

Une école de théâtre amateur au coeur d'un théâtre, le TKM!

en solidarité avec toutes et tous en ces moments difficiles!


SUSPENSION DES COURS

Suite aux diverses décisions des autorités fédérales et cantonales, les cours de la Ruche sont suspendus dès le 14 mars et jusqu'à nouvel avis.

Restons tous en éveil et laissons agir notre créativité et notre curiosité!
COURAGE...RÉSISTANCE ...IMAGINATION

Les renseignements concernant les inscriptions pour la saison 20-21 sont disponibles à l'adresse:  laruche.ecole.de.theatre@gmail.com


COURS 

Depuis 2016, La Ruche enseigne, transmet "le théâtre" au travers de cours donnés par modules thématiques. Les élèves sont répartis dans un groupe qui forme une sorte de petite troupe qui évolue au gré des interventions des professeurs en se dirigeant en fin de saison vers la présentation d'un travail d'élèves dans le cadre de "La Ruche en scène".

Voir ci-dessous en cliquant sur le "Lien vers le tableau des cours 2019-2020"
Les autres informations sur les cours et les propositions diverses se trouvent à la suite de la partie (Coronavi)ruche.


(CORONAVI)RUCHE

Pour rester en contact, les professeurs de la Ruche proposent chaque jour à midi un lien  pour visionner, écouter des fictions, des reportages, des témoignages liés de près ou de loin avec notre activité théâtrale. Voir ci-dessous.


TKM

La Ruche ne serait rien sans son théâtre, le TKM, avec qui les professeurs sont en lien permanent... une petite visite sur son site vaut le détour!

LA (Coronavi)RUCHE... ...chez soi

En ces temps ubuesques, l'équipe de La Ruche, pour maintenir un petit lien socialo-culturel-affectif, vous propose un rendez-vous quotidien à distance. Dans la mesure du possible, chaque professeur va vous proposer à tour de rôle une petite friandise (visuelle et/ou auditive) au goût de miel et de théâtre à déguster à votre gré pendant la journée, chez vous.

Vos retours nous intéressent :-)

Si vous avez des questions, des commentaires, des éventuelles informations à donner en lien avec les diverses propositions que nous vous faisons, vous pouvez le faire en cliquant ici.
Nous vous répondrons, dans la mesure du possible bien évidemment.
Nous nous réjouissons de cet échange.



Proposition 23

du 9 avril 2020
(par Maëlla D'Angelo)

"Pirandello"


https://www.youtube.com/watch?v=BVxWcOW9Yfs

https://www.youtube.com/watch?v=V8TTdjaj6zI&t=500s

Et le texte en pièce jointe aussi...

Chers élèves,

Voici un petit court métrage reprenant un texte magnifique de Pirandello. Le texte n'est pas complet, c'est pourquoi je le joins à la vidéo pour que vous puissiez le découvrir en entier. Et je n'ai pas pu résister à mettre pour les italophones la version interprétée avec brio par Vittorio Gassman... je vous laisse constater la différence entre les deux versions. C'est un texte très prenant, comme tous les textes de Pirandello, regorgeant de détails et de sincérité. Avec quelle maîtrise il nous présente des instants uniques d'une réalité qui est toujours d'actualité! Avec subtilité il nous replace face à notre vie si fragile et à la responsabilité que nous avons de la rendre digne d'être vécue grâce à notre imagination. 

Et le texte en français

La fleur à la bouche de

Luigi Pirandello
PERSONNAGES :
L'HOMME A LA FLEUR.
UN PAISIBLE CLIENT.

N.-B. — Vers la fin, aux endroits indiqués, on verra une femme, comme une ombre, avancer deux fois la tête. Elle sera vêtue de noir et portera un petit chapeau, vieux, garni de plumes dites pleureuses.
On verra au fond les arbres d'un boulevard avec les lampes électriques à travers les feuilles. Des deux côtés, les dernières maisons d'une rue qui aboutit au boulevard. Dans les maisons à gauche, un café sordide avec tables et chaises sur le trottoir. Devant les maisons de droite, un bec de gaz allumé. Au coin de la dernière maison qui sera à l'angle du boulevard, un autre bec de gaz allumé. Un peu après minuit. On entendra au loin un son de mandoline.
(Au lever du rideau, L’HOMME A LA FLEUR, assis à l'une des tables du café, observera longuement, en silence, le PAISIBLE CLIENT qui, à la table à côté, boira avec une paille un sirop de menthe.)
L'HOMME A LA FLEUR. — Ah ! je me le demandais! Vous donc, homme si paisible, vous avez raté votre train?
LE CLIENT. — Pour une minute ! J'arrive à la gare et je le vois filer sous mon nez ! L'HOMME A LA FLEUR. — Vous auriez presque pu le rattraper en courant.
LE CLIENT. — Oui... c'est bête. Si seulement je n'avais pas eu tous ces paquets, gros et petits. Plus chargé qu'un baudet! Mais les femmes, vous savez, commissions par-ci, commissions par-là, elles n'en finissent pas. Il m'a fallu trois minutes en descendant de voiture rien que pour m'enfiler aux doigts tous les petits nœuds de ces paquets; deux paquets à chaque doigt.
L'HOMME A LA FLEUR. — Vous deviez être beau. Vous savez ce que j'aurais fait, moi? Je les aurais laissés dans la voiture.
LE CLIENT. — Et ma femme? Ah! oui... Et mes filles? Et toutes leurs amies... J'aurais pris quelque chose !
L'HOMME A LA FLEUR. — Cris et grincements de dents ! Je me serais bien amusé.
LE CLIENT. — Ah! Vous ne savez peut-être pas ce que deviennent les femmes quand elles sont en villégiature ?
L'HOMME A LA FLEUR. — Oh ! Mais oui, je le sais. Justement parce que je le sais. (Silence.) Elles disent toutes qu'elles n'auront besoin de rien.
LE CLIENT. — Oui, «seulement ça». Elles sont même capables de dire qu'elles y vont pour faire des économies. Et puis, dès qu'elles arrivent dans un tout petit coin des environs, plus il est laid, misérable et sordide, plus elles ont la folie de l'agrémenter de toute leur coquetterie et de parures voyantes! Oh! les femmes, cher monsieur, que voulez-vous, c'est leur métier, la coquetterie... «Si tu faisais un petit tour en ville, chéri... J'aurais vraiment besoin de ceci, de cela... et pourrais-tu aussi, si ça ne t'ennuie pas trop, chéri... si ça ne t'ennuie pas? hein? et tant qu'à faire, puisque tu es là, en passant»... «Mais comment veux-tu, ma chérie, que je puisse en trois heures me débrouiller
pour toutes ces commissions?» Tout de même avec une voiture... L'ennui c'est que je ne devais passer ici que trois heures, je suis venu sans les clés de la maison.
L'HOMME A LA FLEUR. — Pas mal. Et c'est pourquoi...
LE CLIENT. — J'ai laissé tout mon fourbi, grands et petits paquets à la consigne. Je suis allé dîner au restaurant et ensuite, pour faire passer ma colère, au théâtre. A la sortie, je me suis dit : Qu'est-ce que je fais ? Il est déjà minuit. A quatre heures je prends le premier train; pour trois heures de sommeil, je ne vais pas faire les frais d'une chambre à l'hôtel. Et je suis venu dans ce café, il ne ferme pas, j'espère?
L'HOMME A LA FLEUR. — Non, monsieur, il ne ferme pas. (Silence.) Et vous avez laissé tous vos paquets à la consigne?
LE CLIENT. — Oui. Pourquoi me le demandez-vous ? Ils ne sont pas en sûreté ? Ils étaient bien attachés.
L'HOMME A LA FLEUR. — Oh ! non, je ne dis pas cela. (Silence.) Bien attachés, je m'en doute, avec cet art particulier qu'ont les jeunes vendeurs pour envelopper la marchandise. (Silence.) Quelles mains ils ont! Une belle feuille de gros papier double, rouge, lisse, qui est à lui seul un plaisir pour les yeux, tellement lisse qu'on y voudrait mettre le visage pour en sentir la fraîche caresse... ils retendent sur le comptoir, puis avec une grâce ailée y placent au milieu l'étoffe légère, bien pliée. Ils prennent le bord du dessous, le rabattent, puis l'autre bord par-dessus auquel ils ont fait avec une rapide élégance un surpli pour l'amour de l'art, puis ils replient d'un côté et de l'autre les deux triangles dont ils cachent en dessous les pointes. Ils allongent la main vers la boîte de ficelle; ils tirent dessus pour en faire glisser juste ce qu'il faut pour attacher le paquet et ils l'attachent si vite qu'on n'a pas seulement le temps d'admirer la rapidité avec laquelle ils vous présentent le paquet avec son nœud déjà prêt à recevoir le doigt qui le portera.
LE CLIENT. — Il me semble que vous avez bien observé les vendeurs, monsieur.
L'HOMME A LA FLEUR. — Mon cher monsieur, je pourrais y passer des journées entières. Je suis capable aussi de rester une heure d'horloge à regarder une boutique à travers sa vitrine. J'oublie le temps qui passe. Je crois être et je voudrais vraiment être cette étoffe de soie, cette broderie, ce ruban rouge ou bleu que les jeunes mercières après l'avoir mesuré sur le mètre — vous avez vu comment elles font — elles le font tourner ensuite autour du pouce et du petit doigt avant de l'enrouler sur le papier. (Silence.) Je regarde le client ou la cliente qui sortent de la boutique avec le petit paquet au doigt ou à la main, ou sous le bras. Je les suis des yeux jusqu'à ce qu'ils aient disparu et j'imagine, j'imagine... que de choses je peux imaginer, vous n'en avez pas la moindre idée. (Silence. Puis sombre, comme à lui-même.) Mais c'est bon, tout cela, pour moi.
LE CLIENT. — C'est bon pour vous ? Qu'est-ce qui est bon?
L'HOMME A LA FLEUR. — De m'attacher comme je le fais à la vie par l'imagination. Comme une plante grimpante autour des barreaux d'une grille. (Silence.) Ah ! ne jamais laisser une minute l'imagination tranquille, participer grâce à elle sans arrêt à la vie des autres... mais non pas celle des gens que je connais. Non, non, je ne le pourrais pas. J'en éprouverais de l'ennui, du dégoût même. Mais à la vie des inconnus autour desquels mon imagination peut travailler librement, et non pas au hasard, en tenant compte au contraire des plus infimes apparences découvertes chez tel ou tel. Et si vous saviez combien et comment elle travaille, l'imagination. Je vois la maison de celui-ci et de celui-là. J'y vis, je m'y sens vraiment vivre jusqu'à en respirer l'odeur, vous savez cette odeur particulière qui circule dans chaque demeure, dans la vôtre, dans la mienne. Mais dans votre maison vous ne la distinguez plus parce que c'est l'odeur même de votre vie, vous comprenez. Je vois que vous me comprenez.
LE CLIENT. — Oui, parce que je pense que vous devez avoir bien du plaisir à pouvoir ainsi imaginer tant de choses...
L'HOMME A LA FLEUR, avec ennui, après avoir un peu réfléchi. — Du plaisir, moi ?
LE CLIENT. — Du moins je l'imagine.
L'HOMME A LA FLEUR. — Dites-moi un peu. Avez-vous jamais été consulter quelque docteur fameux?
LE CLIENT. — Moi, non. Pourquoi ? Je ne suis pas malade.
L'HOMME A LA FLEUR. — Ne prenez pas peur. Je vous le demande pour savoir si vous avez jamais vu chez un de ces médecins renommés la salle où les clients attendent leur tour de passer à la visite.
LE CLIENT. — Ah ! oui. Il m'est arrivé une fois d'accompagner une de mes filles qui avait une maladie nerveuse.
L'HOMME A LA FLEUR. — Bien. Je ne veux pas savoir... Je veux dire ces salles... (Silence.) Vous avez remarqué?... Divans d'étoffe sombre, de style ancien, des chaises rembourrées, souvent disparates, ces petits fauteuils, enfin rien que des choses achetées d'occasion mises là pour les clients, ça ne fait pas partie de la vraie maison du docteur. Le docteur a pour lui et les amies de sa femme un tout autre salon, riche, beau. Cela jurerait, un meuble de son vrai salon dans ce salon pour les clients à qui suffit bien cet arrangement sans prétention, sobre, honnête. Je voudrais savoir si, quand vous avez accompagné votre fille, vous avez bien regardé le fauteuil ou la chaise où vous vous êtes assis pour attendre?
LE CLIENT. — Moi? Non, à la vérité...
L'HOMME A LA FLEUR. — Justement parce que vous n'êtes pas malade. (Silence.) Il est vrai que les malades non plus n'y font pas toujours attention, uniquement préoccupés par leur maladie. (Silence.) Et pourtant que de fois certains restent là à regarder leur doigt qui fait des signes vains sur le bras du fauteuil où ils sont assis. Ils pensent et ils ne voient pas. (Silence.) Mais quel curieux effet de revoir en sortant de la visite et en retraversant la salle la chaise sur laquelle il y a quelques minutes vous étiez assis, en attendant la sentence du docteur! La revoir occupée par un autre client, lui aussi avec son mal secret. Ou bien là, vide, impassible, attendant que quelqu'un vienne l'occuper. (Silence.) Mais que disions-nous? Ah! oui... le plaisir de l'imagination. Pourquoi ai-je tout de suite pensé à une de ces chaises dans la salle d'attente d'un médecin?
LE CLIENT. — Oui... en effet.
L'HOMME A LA FLEUR. — Vous ne voyez pas le rapport? Moi non plus. (Silence.) C'est que certaines associations d'images qui paraissent lointaines sont tellement particulières à chacun de nous, et déterminées par des raisons et des expériences tellement singulières que l'on ne pourrait se comprendre si en parlant chacun de nous n'évitait d'y faire allusion. Rien de plus illogique souvent que ces analogies. (Silence.) Mais le rapport peut être par exemple celui-ci : voyez : Auraient-elles plaisir ces chaises à imaginer quel est le client qui est là en attente de la consultation? quel mal il couve? où il va? Ce qu'il fait après la visite ? Aucun plaisir. Et moi comme elles : aucun ! Il vient tant de clients et elles sont là, pauvres chaises pour être occupées. Eh bien, mon occupation est du même genre. Tantôt m'occupe X, tantôt Y. En ce moment, c'est vous qui m'occupez et croyez que je n'éprouve aucun plaisir à ce que vous ayez raté votre train, ni que votre famille à la campagne vous attende et imagine qu'il vous est arrivé les pires ennuis.
LE CLIENT. — Oh ! des tas, vous savez.
L'HOMME A LA FLEUR. — Remerciez Dieu si ce ne sont que des ennuis. (Silence.) Il y a des gens qui ont plus que des ennuis, cher monsieur. (Silence.) Je vous dis que j'ai besoin de m'attacher avec l'imagination à la vie des autres, mais comme ça, sans plaisir, sans m'y intéresser particulièrement... au contraire pour en sentir le poids, pour la juger stupide et vaine, la vie et à un tel point qu'il ne devrait importer à personne de la terminer. (Avec une sombre rage.) Et voilà ce qu'il faudrait bien démontrer, bon sang ! Avec des preuves et des exemples continuels et nous les
donner à nous-mêmes, implacablement. Parce que, cher monsieur, nous ne savons pas très bien comment ça se fabrique, mais nous le sentons, dans le gosier, ce goût de la vie, toujours insatisfait, qui ne peut pas se satisfaire, parce que la vie, au moment même où vous la vivez, est toujours si avide d'elle-même qu'elle ne vous laisse pas le temps de la savourer. La saveur demeure dans le passé et il vous en reste le souvenir. Le goût de la vie nous vient de là, de ces souvenirs qui nous tiennent attachés. Mais attachés à quoi? à une stupidité... à ces ennuis, et je dirais presque à ces malheurs, oui, monsieur, à distance de quatre, cinq ou dix ans qui sait quelle saveur, quel goût auront ces larmes... et la vie, monsieur, la seule idée de la perdre surtout quand on sait que c'est une question de jours... (A ce moment du coin.de droite apparaît épiant la femme vêtue de noir.) Tenez, vous voyez là? là au coin de la rue, vous voyez cette ombre de femme? Voilà, elle vient de se cacher!
LE CLIENT. — Comment, qui était-ce?
L'HOMME A LA FLEUR. — Vous ne l'avez pas vue, elle s'est cachée.
LE CLIENT. — Une femme ?
L'HOMME A LA FLEUR. — Oui, ma femme.
LE CLIENT. — Ah ! votre femme ?
L'HOMME A LA FLEUR, après un silence. — Elle me surveille de loin. Et j'aurais envie, croyez-moi, d'aller la faire cesser à coups de pieds. Mais ce serait inutile. Elle est comme un de ces chiens perdus qui s'obstinent, plus vous frappez et plus ils s'attachent à vos talons. (Silence.) Ce que cette femme est en train de souffrir pour moi, vous ne sauriez l'imaginer. Elle ne mange plus, elle ne dort plus. Elle me suit jour et nuit, comme ça, à distance. Et si elle prenait seulement le temps de brosser son espèce de chapeau, ses habits. Mais non, elle n'a plus l'air d'une femme mais d'un chiffon. Ses cheveux se sont empoussiérés pour toujours... et elle a à peine trente- quatre ans. (Silence.) Elle me met dans une colère que vous ne pouvez imaginer. Je l'attrape parfois, je lui crie : Stupide! en la secouant. Elle accepte tout. Et elle reste à me regarder avec des yeux, des yeux qui, je vous le jure, me font venir aux doigts une sauvage envie de l'étrangler. Rien. Elle attend que je m'éloigne pour se remettre à me suivre à distance. (De nouveau la femme passe la tête au coin de la rue.) Tenez ! vous la voyez qui se penche?
LE CLIENT. — Pauvre madame !
L'HOMME A LA FLEUR. — Mais comment «pauvre madame» ? Elle voudrait, comprenez- vous, que je reste à la maison. Calme, tranquille, à me la couler douce au milieu de toutes ses amoureuses et folles câlineries, à jouir de l'ordre parfait de toutes les pièces, de la netteté de tous les meubles, de ce silence de glace, de ce silence de glace qu'il y avait autrefois chez moi ponctué par le tic tac de la pendule de la salle à manger. Voilà ce qu'elle voudrait! Je vous demande pour bien vous faire comprendre l'absurdité... que dis-je, l'absurdité, la férocité macabre de ses prétentions, je vous demande si vous croyez possible que les maisons d'Avezzano et de Messine sachant que le tremblement de terre allait sous peu les bouleverser auraient pu se tenir tranquillement sous la lune, rangées en file le long des rues et des places, obéissant au plan régulateur de la municipalité. Les maisons, bien qu'en pierre et en plâtre, elles se seraient
sauvées. Vous imaginez les citoyens d'Avezzano, les citoyens de Messine en train de se déshabiller pour se mettre tranquillement au lit, repliant leurs vêtements, mettant leurs chaussures à la porte et se fourrant bien sous les couvertures, goûtant la fraîcheur des draps bien propres avec la certitude que dans quelques heures ils seraient morts? Trouvez-vous cela possible ?
LE CLIENT. — Mais votre femme peut-être...
L'HOMME A LA FLEUR. — Attendez un peu ! Si la mort, monsieur, était comme un de ces insectes étranges, dégoûtants, que quelqu'un brusquement trouve sur lui... Vous passez dans la rue, un autre passant brusquement vous arrête et, prudent, vous dit, deux doigts tendus : «Pardon,
vous permettez ? Très honoré monsieur, vous avez la mort sur vous.» Et avec ses deux doigts tendus, il la prend et la jette... Ce serait magnifique! Mais la mort n'est pas comme un de ces insectes répugnants. Beaucoup de ces gens qui s'en vont tranquilles et sans soucis l'ont peut-être sur eux, personne ne la voit et ils pensent tranquillement à ce qu'ils feront demain, après-demain. Moi, par exemple. (Il se lève.) Cher monsieur, voilà... approchez... (Il le fera se lever et le conduira sous le lampadaire allumé.) Venez sous ce lampadaire... je vais vous montrer quelque chose. Voyez là, sous la moustache, cette belle violette sur la lèvre? Savez-vous comment on l'appelle en médecine? Oh! un nom très doux... doux comme un caramel : Epithélioma... Prononcez, vous sentirez quelle douceur : épithélioma... La mort, comprenez-vous? Elle est passée et m'a posé cette fleur sur la bouche : «Prenez toujours ça, mon ami, je repasserai, dans huit ou dix mois...» (Silence.) Maintenant, dites-moi si avec cette fleur sur la lèvre, je peux rester à la maison, tranquille et paisible, comme le voudrait cette malheureuse! (Silence.) Je lui crie : «Mais tu ne voudrais pas que je t'embrasse? — Oui, embrasse-moi!» Savez-vous ce qu'elle a fait? Avec une épingle, la semaine dernière, elle s'est fait une égratignure, puis elle m'a pris la tête entre ses mains pour m'embrasser la bouche... parce qu'elle prétend mourir avec moi. (Silence.) Elle est folle. (Puis avec colère.) Vous pensez que je ne vais pas rester à la maison. Il me faut m'en aller voir les boutiques, moi, admirer à travers les vitrines l'habileté des vendeurs. Parce que vous comprenez, si je laisse un moment ma tête vide, je peux très bien imaginer de supprimer toute la vie de quelqu'un que je ne connais pas, tirer mon revolver et tuer quelqu'un qui comme vous a par malchance raté son train. (Il rit.) Mais ne craignez rien, cher monsieur, je plaisante. (Silence.) Je m'en vais. (Silence.) Je tuerais plutôt... (Silence.) Mais il y a en ce moment des abricots... Comment les mangez-vous? Avec toute leur peau, n'est-ce pas? On les ouvre en deux et on les presse entre deux doigts comme deux lèvres juteuses... Ah! quel délice! (Il rit. Silence.) Mes hommages à votre femme et à vos jeunes filles. (Silence.) Je les imagine vêtues de blanc et de bleu, dans une belle prairie verte, à l'ombre... (Silence.) Et faites-moi un grand plaisir. Demain matin, quand vous arriverez... j'imagine que le petit village doit être assez loin de la gare. A l'aube, vous pourrez faire la route à pied. La première touffe d'herbe que vous trouverez, comptez-en les brins pour moi. Autant de brins il y aura, autant de jours encore je vivrai. (Silence.) Mais choisissez une grosse touffe, je vous en supplie ! (Il rit.) Bonne nuit, cher monsieur.
(Il s'achemine en fredonnant à bouche fermée le motif de la mandoline qu'on entend au loin, vers le coin de droite; mais à un certain moment, pendant que sa femme est là à l'attendre, il obliquera et disparaîtra de l'autre côté, suivi par le regard du PAISIBLE CLIENT abasourdi.)
FIN


Je vous embrasse tous bien fort!




Proposition 22

du 8 avril 2020
(par Domenico Carli)


"Stanislavsky"

https://www.youtube.com/watch?v=ah-EUEckox0

https://www.youtube.com/watch?v=6avRE8mM0lM

https://www.youtube.com/watch?v=zdujb534Pnk
 
Un des grands maîtres du théâtre contemporain. Une figure presque légendaire d’un moment historique de la culture mondiale. 
Le premier metteur en scènes de l’œuvre de Thekhov  Les images ne sont pas de très bonnes qualités. Mais le texte du documentaire et les archives qu’on peut y voir sont de très bonne tenues.
 


Proposition 21

du 7 avril 2020
(par Juliette Vernerey)


"Christophe Tarkos"


https://www.youtube.com/watch?v=KGW5dxXZFTY
 
Christophe Tarkos est un poète français né à Marseille en 1963 et mort en 2004.
Vous trouverez sur ce lien plusieurs courts extraits de ses poèmes, dits par Christophe Tarkos lui-même. J’aime ce personnage. Sa manière «absurde» et «sensible» de manier la langue française me touche particulièrement.
Et voici un petit mot pompé sur Wiki pour compléter :
Sa poésie s'inscrit dans le projet général de vivifier et de défendre la langue française :
«Je suis un poète qui défend la langue française contre sa dégénérescence, je suis un poète qui sauve sa langue, en la faisant travailler, en la faisant vivre, en la faisant bouger.»
 
La poésie de C. Tarkos est un acte de déconstruction périlleux qui tente d’aboutir à la libération d’une langue perçue comme aliénée au risque de l’incompréhension et du mutisme. Formidable performer en tant qu’improvisateur génial de sa poésie, il participa au renouvellement de la poésie en France en multipliant les interventions publiques.
 
Salut à vous et bisous !


Proposition 20

du 6 avril 2020
(par Yves ADAM)

"Thyeste"


https://www.youtube.com/watch?v=C1WmhD4Du1w

Distribution

Jeu Damien Avice, Éric Challier, émeline Frémont, Thomas Jolly, Annie Mercier, Charline Porrone, Lamya Regragui, Charlotte Patel (violoncelle), Caroline Pauvert (alto), Emma Lee, Valentin Marinelli (violons)
Et la Maîtrise populaire de l'Opéra Comique et la Maîtrise de l'Opéra Grand Avignon

Texte Sénèque
Traduction Florence Dupont
Mise en scène Thomas Jolly
Collaboration artistique Alexandre Dain
Scénographie Thomas Jolly, Christèle Lefèbvre
Musique Clément Mirguet
Lumière Philippe Berthomé, Antoine Travert
Costumes Sylvette Dequest
Maquillage Élodie Mansuy
Assistanat à la mise en scène Samy Zerrouki

les comédiens racontent l'envers du décor

https://youtu.be/YDHMs7auZLU 



Aujourd'hui, je vous propose le spectacle "Thyeste" de Sénèque,  créé au festival d'Avignon en 2018 par Thomas Jolly est sa compagnie (La piccola familia).
C'est l'occasion de vous faire goûter à la pièce de Sénèque, philosophe et dramaturge romain du 1er siècle après J.-C.
Nous connaissons tous Eschyle, Sophocle, Euripide, mais nous connaissons souvent moins les auteurs antiques de l'époque romaine, dont Sénèque, Plante, Virgile, Ovide,...
C'était l'époque des grandes épopées, des mythes, des dieux.
Les drames, les tragédies, mais aussi les comédies occidentales sont nées à Athènes et à Rome. Le théâtre actuel y possède ses racines, ses inspirations puisque ces pièces antiques nous racontent l'universalité des problématiques, des émotions, des combats, des réflexions humaines.

C'est aussi l'occasion de (re)voir la cour d'honneur du palais des papes, lieu phare du festival d'Avignon qui est, depuis 1947, un rendez-vous incontournable du théâtre et par là de rendre hommage à son fondateur et pionnier de la décentralisation théâtrale, Jean Vilar.

entretien avec Jean Vilar

https://youtu.be/mjNunuJgelM 


Thomas Jolly fait partie de ces metteurs en scène qui ont décidé de continuer à aimer raconter des histoires, des épopées, à parler des destins des hommes et des femmes, et cela d'une manière éminemment théâtrale.
Ici, Sénèque nous offre une pièce faite de beaucoup de monologues, qui racontent à la fois ce qui va se passer mais également ce qui s'est passé: c'est le théâtre de l'épopée dont le théâtre épique du 20e siècle s'inspirera. Les principales scènes dialoguées concernent avant tout les deux frères, protagonistes principaux, après que nous les avons vus chacun dans leur propre réflexion et épopée intérieure ou après que l'acte majeur du spectacle nous a été conté, lui aussi en monologue.

Thomas Jolly est à mon avis un metteur en scène baroque du 21e siècle.

Thomas Jolly parle de "Thyeste"

https://youtu.be/CM0XOYjFdR0 


quelques éléments à observer lors du visionnement:
-l'omniprésence du récit: beaucoup de monologues
-le jeu en plein air  qui nécessite une projection et une articulation vocale énergivore (même si les comédien(ne)s sont sonorisés)
-la présence vocale ou non du choeur, élément fondamental dans le théâtre antique

Bien du plaisir malgré la noirceur du propos qui nous montre que l'homme reste un loup pour l'homme ....mais je reste optimiste :-)



Proposition 19

du 5 avril 2020
(par Jeanne Pasquier)

"T'es bête ou quoi ?"

https://www.youtube.com/watch?v=LtWqbXVsA3Uhttps://www.youtube.com/watch?v=LtWqbXVsA3U


Bonjour à vous!
J'espère que vous vous portez bien.

Aujourd'hui je vous envoie un petit lien qui peut vous donner de l'inspiration pour la création de personnages:

Jos Huben est né en Belgique en 1959. Il est comédien, metteur en scène et pédagogue. Il se forme à l’École Jacques Lecoq avec Philippe Gaulier, Monika Pagneux et Pierre Byland.
Il est également un de membre fondateur de la Compagnie Complicité à Londres.
Il écrit et met en scène le duo absurdo burlesque culte The right size  qui s’est produit dans le West End à Londres et sur Broadway à New York. Toujours en Grande-Bretagne il coproduit et joue pour la télévision dans des programmes et séries burlesques à distribution et succès mondiaux : Mr Fixit pour Thames TV et Brum pour Ragdoll Productions.
 En France, Jos Houben a travaillé régulièrement comme comédien avec le compositeur contemporain Georges Aperghis, notamment sur Commentaires (Paris/Avignon 1996), Zwielicht (Munich 1999) et Paysage sous surveillance (Bruxelles 2003). En 2008, il est l’un des interprètes de Fragments de Samuel Beckett mis en scène par Peter Brook.
 Il est depuis 2000 professeur à l’Ecole Jacques Lecoq à Paris et il anime des stages dans le monde entier sur les thèmes du Clown, du Burlesque et du Mime.
 
Il a créé un spectacle l'Art du Rire, dont vous pouvez également trouver quelques extraits qui sont pas mal du tout.

Dans l'école de théâtre où j'étais, Lassaad, à Bruxelles, l'observation des animaux, par rapport au travail du masque ensuite, était un des points de la pédagogie. Je trouve cette petite vidéo intéressante sur comment mettre en pratique cela par rapport à la création d'un personnage. Sans jouer l'animal, mais s'en inspirer pour avoir différentes dynamiques et gestuelles d'un personnage.

Bonne découverte et prenez soin de vous! Je vous embrasse!


Proposition 18

du 4 avril 2020
(par Domenico Carli)

"Omar Porras"


https://www.youtube.com/watch?v=5LVxsQpvyPI

Dans le cadre des "TED-Conférence",  véritable institution mondiale,  Omar Porras, metteur en scène, comédien et directeur du TKM, nous livre un autoportrait sensible,  un voyage au pays de l’imaginaire..., une invitation à l’Etat de Poésie.       Et pour en savoir plus, voir quelques extraits, consultez le site du Teatro Malandro : https://malandro.ch/ 


Paul Gauguin, dans son livre Noa-Noa, écrivait que l’art est inutile…

Mais qu’est-ce que la vie sans art…?

Prenez soin de vous


Proposition 17

du 3 avril 2020
(par Peggy Dias)

"May B"


https://youtu.be/71wZJLRAYz0

Maguy Marin, née à Toulouse le 2 juin 1951, est une  danseuse et chorégraphe française de danse contemporaine.
Elle est l’une des chorégraphes les plus importantes de la Nouvelle danse française.
May B est une pièce chorégraphique devenue mythique de Maguy Marin créée le 4 novembre 1981 au Théâtre municipal d'Angers, inspirée des textes de Samuel Beckett. Elle se rattache au mouvement de la danse-théâtre. 
Elle est écrite pour dix interprètes (cinq hommes et cinq femmes), grimés d'argile sur le visage pour leur donner un aspect sale, malade, loqueteux. Les musiques de scène (Franz Schubert, Gilles de Binche, Gavin Bryars) viennent rythmer la pièce, par ailleurs muette à l'exception d'une réplique issue d'une pièce de Beckett et de quelques onomatopées qui viennent appuyer la danse. 
Représentations :
France, Angers, Théâtre municipal
France, Paris, Théâtre du Rond-Point
France, Vesoul, Théâtre Edwige-Feuillère, le 5 février 2015
France, Amiens, Maison de la culture, le 29 avril 2016
Belgique : Charleroi
J’ai choisi cet extrait parce que le corps en mouvement et le corps dansant me parlent énormément en tant que comédienne et comme pédagogue.
Vous observerez le travail de précision du geste et le travail du chœur qui est essentiel également dans le masque neutre.
Il y a un véritable travail sur le personnage qui s’inscrit dans un collectif.
Quand j’ai découvert ce travail en vidéo, cela a été un vrai choc, une révélation : savoir utiliser la danse au service d’une histoire pour arriver à une chorégraphie.
Régalez-vous bien et prenez soin de vous !

Je vous embrasse.


Proposition 16

du 2 avril 2020
(par Emmanuelle Ricci)

"The Haunted House"


https://youtu.be/apeANV2gg-A

Chers tous,

Aujourd’hui j’aimerais partager avec vous l'un des petits formats réalisés et interprétés par Buster Keaton.
Ce petit film muet de 1921, «The Haunted House »,  fait parti d’une dizaine de films qu’il a tournés à cette période et où ce talentueux artiste a donné naissance à un personnage introverti mais téméraire, et toujours en quête d'amour.
Pour la petite histoire, le vrai nom de Buster Keaton était Joseph Frank Keaton.
Mais alors pourquoi « Buster », me direz-vous ? Ce surnom lui a été donné suite à une chute accidentelle qu’il avait fait dans les escaliers, lorsqu'il avait à peine un an. Après cette dégringolade, le petit Joseph s’est retrouvé miraculeusement assis au bas des escaliers, sans aucune égratignure. À cet âge, il avait sûrement déjà un talent inné pour les cascades, semblerait-il!
C'est ainsi que son père lui a donné, suite à cette chute, le surnom de « Buster », que nous pourrions traduire en français par « casse cou ».

Buster Keaton utilise la mobilité de son visage avec parcimonie.
Il a une expression constamment stoïque et quand une mimique se manifeste sur son visage, celle-ci montre l’expression dramatique résumant l’état émotionnel de son personnage et, en un éclair,  le spectateur lit clairement ce qu’il ressent.

Dans ses films muets, dont "The Haunted House" est un exemple parmi d'autres, se dessine  la marque de fabrique de Buster Keaton, soit la comédie physique où il excelle: précision horlogère dans chaque rouage de ces numéros, un talents à utiliser les «partenaires-objets », et une capacité à développer, réinviter, tirer parti de chaque accident et mésaventure pour finalement poursuivre ses objectifs.

Son travail est enrichissant, créatif et nous ouvre les portes vers les possibilités si vastes du burlesque.

Mais attention, ne vous amusez pas à reproduire ces numéros.
Gardons à l’esprit que pour Buster Keaton, les chutes et la comédie physique nécessitent une très bonne exécution technique.
Pour preuve,  Keaton a déclaré en 1914 au Detroit News en parlant des cascades: "Le secret est d'atterrir mou et de briser la chute avec un pied ou une main. C'est un talent. J'ai commencé si jeune que l'atterrissage à droite est une seconde nature pour moi. Plusieurs fois j'aurais été tué si je n'avais pas été capable d'atterrir comme un chat. Les imitateurs de notre acte ne durent pas longtemps, car ils ne supportent pas le traitement. "
 
Je vous souhaite un bon moment de cinéma, de jeu, de comique de situation.
Vous pourrez, si le cœur vous en dit, visionner d’autres chefs-d’œuvre sur YouTube.
 
 
Continuez à bien vous porter.
Meilleures pensées.


Proposition 15

du 1er avril 2020
(par Maëlla D'Angelo)

"James Thierrée"

https://www.youtube.com/watch?v=MDs7b4P6wHo


https://www.youtube.com/watch?v=cefQAaQJD-o

Chers élèves,

Vous le connaissez certainement tous, mais il m'est impossible de ne pas partager ces petits trésors de vidéo... Dans le théâtre physique, la danse, l'acrobatie, il excelle et il a de qui tenir! Le petit fils de Charlie Chaplin, d'une précision et d'une rigueur redoutable comme son grand-père, et né à Lausanne :) Je vous laisse admirer le langage du corps qui se passe de mots, la poésie du geste, le dynamisme et l'humour qui parsèment ces vidéos. Bien sûr il y en aurait bien d'autres à regarder, je vous laisse découvrir et explorer si cela vous intéresse. Je trouve important de partager avec vous des artistes complets qui ont une palette de couleurs extraordinaires pour exprimer le monde et toutes ses émotions. James Thierrée tient en effet à explorer tous les arts de la scène et il sait utiliser les bons gestes, au bon moment. J'ai noté à quel point il peut être parfois difficile lorsque l'on sait faire plusieurs choses de ne pas "forcer un peu" la mise en scène afin de montrer l'étendue de son talent ou de placer une acrobatie que l'on trouve particulièrement spectaculaire... Mais là aussi, il faut parfois savoir avec humilité mettre de côté des idées qui peuvent sembler bonnes au départ mais que ne servent pas la mise en scène. Il vaut mieux laisser le spectateur sur sa faim et utiliser les éléments qui font de l'effet avec parcimonie, chose que sait très bien faire James Thierrée.

Je vous embrasse tous et j'espère à très vite!


Proposition 14

du 31 mars 2020
(par Jonathan Diggelmann)

"Scylla"


https://www.youtube.com/watch?v=EY6M8nl3Adg&list=PLmngG2XaRrsD-JWiunRv9MwXM8b2_kMK6&index=2

Bonjour,

Aujourd'hui je vous propose un registre un peu différent. Ceux qui ont travaillé avec moi connaissent mon amour pour la musique, pour ce qu'elle apporte au texte et comment elle permet de rythmer et remplir une prise de parole ou un choeur.

Pour moi, un des registres musicaux qui se rapproche le plus du théâtre est le rap. Il répond à des codes et des références qui peuvent parfois nous amuser, exaspérer ou interroger, mais si on écoute du rap d'un point de vue technique on peut saisir sa complexité et comment il peut enrichir l'acteur.

Le jeu des allitérations, les rythmes, les pieds dans une phrase, les rimes, l'intensité des mots. Une chanson de rap est une forme de monologue et j'aime écouter cette musique pour me nourrir de ce que cet art apporte à un texte.

Si parfois les codes du genre ou une musique très chargée empêchent l'écoute du texte, je vous propose aujourd'hui un artiste qui cherche l'épure. Entre rap, chant, slam, il traverse des textes dans un style simple et ose nous raconter des histoires.

Voici un playlist de l'artiste Scylla, accompagné d'un pianiste virtuose, Sofiane Pamart.
Je vous conseille d'écouter les titres suivants :
- Une clope sur la lune
- Solitude
- L'enfant et la mer
- Ecoutez-moi
- Le monde est à mes pieds
- Un château dans le ciel

Après libre à vous de prolonger votre écoute avec le reste des titres, évidemment!

Une pensée à vous tous, et courage!



Proposition 13

du 30 mars 2020
(par Juliette Vernerey)

"Enivrez-vous"

https://www.youtube.com/watch?v=ZpKb5I6kxbM

Voici une chose très belle que Charles Baudelaire dit.
Baudelaire, ce grand poète français mort en 1867 que vous connaissez bien sur et qui a largement inspiré le rappeur Abd al Malik que j’admire beaucoup aussi.
Et Serge Reggiani, acteur et chanteur français d’origine italienne, mort en 2004, et qui a chanté aussi bien Baudelaire que Moustaki, ou encore Rimbaud, Dabadie ou Vian.
 
J’aime beaucoup ça.
 
Je vous embrasse.


Proposition 12

du 29 mars 2020
(par Yves Adam)

"Les Boloss des belles lettres"


Avec Jean Rochefort

Phèdre
https://youtu.be/m20msXnvIGY

Cyrano de Bergerac
https://youtu.be/ImZxePaJqIM

Roméo et Juliette
https://youtu.be/-Yk48TEGIao

Le Cid
https://youtu.be/KAPfIL5ZaHw


L'art de compter, de raconter fait partie intégrante du métier de comédien(ne).
Jean Rochefort, un magnifique comédien de la génération des Jean-Pierre Marielle, Philippe Noiret, Annie Girardot, Michel Piccoli,... nous raconte ici de manière faussement "jeune"  mais assumée 4 pièces du répertoire théâtral classique....

D'une certaine manière, c'est un bon exemple pour expliquer la paraphrase: raconter ce qui se joue (dans tous les sens du terme) dans une scène, dans une pièce entière.
C'est une manière de vérifier que les tenants et les aboutissants, les enjeux du texte que l'on va interpréter ou mettre en scène sont intégrés, digérés, compris.

Le style est un peu "has been" mais comme je le disais, il est assumé et donc il y a un décalage et un ludisme intéressants...
Et cela permet de prendre de la distance... de désacraliser les œuvres pour se les approprier et les rendre à nouveau nécessaires...

Bon visionnement et bon dimanche!

Résistance et optimisme :-)


N.B: Durant ces prochains jours vous pourrez aussi voir sur le site du théâtre de Vidy, le spectacle écrit et mis en scène par François Gremaud "PHÈDRE !" ... une très belle (autre) manière de raconter Phèdre:-)

https://vidy.ch/vidygital



Proposition 11

du 28 mars 2020
(par Yves ADAM)

« Alias AS » 

Partie 1
https://youtu.be/1djiNcVie4U

Partie 2
https://youtu.be/mBuFS5ny8bA

Partie 3
https://youtu.be/yq4uhlTl2s0

Partie 4
https://youtu.be/wOmwkF9O6Co


La dernière fois, je vous ai proposé une fiction. Cette fois-ci, j'ai hésité en me posant la question de ce dont nous avons besoin. Certes nous avons besoin de divertissement, et fort heureusement il en existe, mais dans ces périodes propices aux réflexions personnelles ou relatives au monde, je me plais à écouter les artistes, philosophes, scientifiques (à la manière de Albert Jacquard ou de Jacques Dubochet) nous parler de leurs vies et expériences, et par là de nous livrer en douceur leur "suggestions" pour que notre monde aille mieux. Cela dit, je vous promets d'autres fictions lors des prochaines éditions de ces propositions :-)

Pour cette proposition 11 donc, j’ai opté pour une autre forme de voyage : celui d’un homme qui oscille en permanence entre fiction et réalité pour « raconter et questionner le monde » comme il disait souvent.
Dans ce reportage-portrait en 4 parties (à déguster d’un trait ou par épisodes) de Maurizio Giuliani (2006), on raconte André Steiger ou dit autrement, André Steiger se raconte au travers d’entretiens, de lectures et de témoignages de travail avec des comédiens ou apprentis comédiens (qu’ils soient amateurs ou professionnels, il s’en moquait). 
 
André Steiger, dont vous pouvez retrouver une courte biographie dans la proposition 3 du 20 mars, a beaucoup marqué le théâtre romand depuis les années 1970 et ce jusqu’à son décès en 2012.
Il a occupé presque tous les « métiers » qui peuvent avoir lien avec un homme (ou une femme) de théâtre : comédien, dramaturge, metteur en scène, pédagogue, chef de troupe.
Je l’ai connu au conservatoire de Lausanne (dont il était le doyen) lors de ma formation de comédien.
C’est un autodidacte parfait, d’une magnifique intelligence, plein de malice, de sensibilité, d’engagement politique et citoyen.
J’ai toujours adoré l’écouter raconter des histoires vraies mais aussi fausses afin de transmettre cette chose fondamentale : être en perpétuel questionnement du monde qui ne cesse de bouger, oser les contradictions (parfois jusqu’à une utile mauvaise foi). 
Toujours accompagné de son cigare (même pendant les cours dans les salles exigües du conservatoire), il aimait profondément les comédiennes et les comédiens mais surtout il adorait les mener vers le plaisir de jouer à jouer. 
Aujourd’hui encore, en l’écoutant, je découvre de nouvelles pistes de réflexions et de ludisme.
Et j’ai envie de continuer à « raconter notre monde ».
 
COURAGE, FORCE ET ESPOIR !
 
Je vous embrasse



Proposition 10

du 27 mars 2020
(par Jeanne Pasquier)

"PeepingTom Le Salon, Trio Gaby Uma Franck"


https://www.youtube.com/watch?v=b1SIUcfS1Zw


Eh oui, encore de la danse! Promis, la semaine prochaine je change de registre!
Peeping Tom est un collectif de danse-théâtre fondé en 2000 à Bruxelles. Je les ai découvert justement lors de mes études à Bruxelles, et je trouve leur travail très très beau. L'univers est très poétique, et cette scène du baiser est juste magique, dans ces moments en plus où l'on a pas droit de se toucher ;)

Je vous souhaite une belle découverte, tout leur travail vaut la peine.

D'ailleurs, sur leur site, les vidéos d'une trilogie qu'ils ont faite sont disponibles exprès pendant ce temps en suspens. http://www.peepingtom.be/fr

Bonne journée à vous et portez-vous bien!


Proposition 9

du 26 mars 2020
(par Domenico Carli)

"Peter Brook : Les murs parlent"

https://vimeo.com/398459499

J’ai le plaisir de vous proposer un bref documentaire sur cet immense figure du théâtre contemporain.
Une introduction efficace à ce conteur d’histoires, explorateur d’imaginaire, passeur d’expériences et de savoirs  essentiels.
Je ne peux que vous encourager  à lire tout ce qu’il a écrit et à visionner les spectacles qui jalonnent son œuvre.

Peter brook est un maître de la scène qui a mis la comédienne, le comédien au centre du théâtre, un lecteur extraordinaire –et pas seulement de Shakespeare-,
un homme encore qui a su s’associer avec Marie Hélène Estienne, autre personnalité exigeante de cet art mystérieux dont nous essayons (et essayerons encore) ensemble de dessiner les contours.


Lectures conseillées:

  • L’espace vide
  • Point de suspension
  • Oublier le temps 

Vu que certains d’entre nous ont le temps…
 
Les murs parlent…écoutons-les
Portez-vous bien 




Proposition 8

du 25 mars 2020
(par Peggy Dias)

"Les deux voyages"


https://youtu.be/koExYifqFRo

Les deux voyages de Jacques Lecoq est un film sur la pédagogie de Jacques Lecoq.
Je n’ai pas fait cette école mais j’ai reçu l’enseignement des comédiens qui en sont sortis sur le masque neutre, le masque de caractère, le clown et le bouffon.
Pourquoi les deux voyages? C’est une école qui se déroule sur deux années.
Dans un premier temps, vous allez assister à un extrait du premier voyage où Jacques Lecoq nous laisse entrer au coeur de son laboratoire avec des exercices d’improvisation, une interview d’Ariane Mnouchkine et comment il utilise le masque neutre.
Dans un second temps, vous allez pénétrer au coeur du deuxième voyage où vous assisterez aux présentations des élèves et notamment deux extraits sur le Bouffon, il y aura une interview de Philippe Avron et enfin Jacques Lecoq vous confiera le voyageur émerveillé qu’il est et vous parlera de l’architecture de l’espace.
Pour moi, ce film est un bijou et Jacques Lecoq, un grand pédagogue.

Je vous invite à lire également (c’est mon livre de chevet): Le Corps Poétique de Jacques Lecoq (éditions ACTES SUD)




Proposition 7

du 24 mars 2020
(par Emmanuelle Ricci)

"The Patsy"


 https://youtu.be/T_-eszqHT9I

Chers toutes et tous,
Chères petites abeilles,
A l'heure du confinement, coincés dans nos alvéoles, je vous invite, chères petites abeilles, à (re)decouvrir cette séquence du film "Jerry souffre-douleur/The Patsy"(1964),  de et avec ce magnifique acteur Jerry Lewis, où il parodie son propre personnage.

Cette séquence de 7 minutes est une belle représentation de ce que je tente de construire avec les élèves quand nous abordons une scène: avoir un objectif clair, aller au bout de l'idée, ne pas lâcher notre objectif malgré (ou grâce) aux événements qui surgissent au cours de la scène. 
Dans cette séquence, soyez attentifs et tentez de répondre aux questions suivantes:
- quel est le point d'entrée de chaque personnage dans la séquence ?
- que provoque chez eux les événements indépendants de leur volonté qui surgissent et viennent retarder leur objectif ?
- qui observe, qui agit....?
- où les personnages basculent au final ?

Pour ma part, la construction, le développement et la fin en apothéose tiennent en grande partie au fait que les acteurs ne lâchent jamais l'idée de départ (propre à chacun),  qu'ils sont dans une écoute mutuelle et qu'ils persévèrent dans leur objectif, tout en nourrissant leur jeu des propositions de leur(s) partenaire(s). 
Et n'oublions pas les accessoires, de vrais partenaires! Voyons-les, utilisons-les et donnons-leur vie!
Ce sont de magnifiques tremplins de jeu, n'est-ce pas ?!

Je vous souhaite beaucoup de plaisir en visionnant cet extrait.
Prenez soin de vous et des vôtres. 
J'espère à très bientôt. 

Merci pour vos retours qui font chaud au coeur !
[remarque valable pour l'ensemble de vos professeurs :-) ndlr]

Je vous embrasse.




Proposition 6

du 23 mars 2020
(par Maëlla D'Angelo)

"The Cost of living" 

https://www.youtube.com/watch?v=QgUT0Ufmkbk

"Believe dance"

https://www.youtube.com/watch?v=yHV0CSwF25M

Pas de grande prétention pour aujourd'hui, vu que cette période un peu hors du temps nous pousse à nous montrer solidaires les uns envers les autres, il est important de se tourner généreusement vers l'autre. L'altérité, l'autre, avec sa différence, sa richesse, ses blessures, ses croyances... et mettre l'accent sur tout ce que l'on peut échanger les uns avec les autres, en tout temps.
DV8 Physical Theatre est une compagnie de danse ou "théâtre physique" basée à Londres. Elle a été officiellement fondée en 1986 par Lloyd Newson, Michelle Richecoeur et Nigel Charnock. Tous leurs travaux se caractérisent par un désir de transmettre des opinions engagées, des sentiments, et remettre en question des idées sociopolitiques. Au départ, les fondateurs souhaitaient donner une nouvelle direction à la danse contemporaine qu'ils jugeaient superficielle, uniquement intéressée par l'aspect esthétique et souvent sans profondeur. Ils mêlent avec subtilité les divers arts que sont la danse, le théâtre, le cinéma... Cette petite vidéo est tirée de The Cost of living qui remet en question le statut de la danse et de l'être humain en tant qu'acteur dans la société qu'il construit. Que se passe-t'il si l'on n'est pas parfait, si l'on ne correspond pas à ce que l'on attend de nous, quelle est la place que l'on se crée? Le tout illustré à travers les rencontres et préoccupations de personnes vivant en marge de la société qui se cherchent et accomplissent leur destinée.

Et puis, pour finir, la Believe dance, juste pour le plaisir de se sentir libre...

En vous souhaitant tout le meilleur, je vous embrasse.




Proposition 5

du 22 mars 2020
(par Juliette Vernerey)

"Gilbert sur scène"


 https://www.youtube.com/watch?v=z4sSgN6Auhw


Bonjour à tous ! Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une pépite de mon cœur : Yves Hunstad, auteur et metteur en scène belge dont j’admire, j’adore même le travail. Passionné depuis tout petit par le jeu et la création de personnages, il entre à l’INSAS en 1975 (Institut National Supérieur des Arts du Spectacle) à Bruxelles, où j’ai eu la chance de suivre ma formation. Yves Hunstad est fasciné par le travail de masque et se consacre très vite à la recherche théâtrale : de l’écriture d’un spectacle à la construction de ses personnages. C’est sur base de l’improvisation qu’il fonde ses recherches.
Il écrit son premier seul-en-scène Hello Joseph !, suivi du second, en 1985, Gilbert sur scène que je vous propose ici et qui remportera un succès national. Se consacrant de plus en plus à la création, c'est en 1988 qu'il rencontre Eve Bonfanti autour d'une première co-écriture La Tragédie comique, spectacle phare, qui sera joué plus de 800 fois et qui marquera les débuts de leur collaboration et la création de leur compagnie : La Fabrique Imaginaire.
Yves et Eve sont venus jouer au TKM La Tragédie Comique, Du vent…Des Fantômes et Au bord de l’eau en 2016.
 
Pour travailler ses personnages, Yves ne se contente pas de les faire jouer sur le plateau, il les fait vivre dans la vie quotidienne. Il dit d’ailleurs qu’un acteur en panne d’idées devrait juste rester en personnage et continuer sa journée tranquillement. Je me dis moi… tiens… Est-ce que j’arrive à tenir une journée entière de confinement dans un personnage inventé… ? Bon exercice ! 😉
 
Cet acteur est une merveille ! Il a le sens du rythme (il en faut pour un monologue pareil), une magnifique sensibilité, beaucoup de douceur, il est convaincu et convaincant et il est précis.  
 
Je vous embrasse !



Proposition 4

du 21 mars 2020
(par Jonathan Diggelmann)

"Parodie du conservatoire"

https://www.youtube.com/watch?v=V46n7XqPx88&t=6s


Mes chères et chers,

Parce qu'il est aussi à propos de garder le moral et trouver la légèreté en ces temps troublés, voici une petite vidéo qui n'a aucune autre prétention que de vous faire sourire.

Je vous propose de (re)découvrir une scène culte des Robins des Bois, une troupe des années 90 avec de comédien.ne.s bien connu.e.s comme PEF, Marina Foïs, Jean-Paul Rouve ou encore Maurice Barthélemy. Je ne doute pas que certains d'entre vous trouveront quelques similitudes entre ce sketch et nos cours! 

N'oublions pas les recommandations du Conseil Fédéral : "Rire, c'est bon pour la santé!". C'était valable il y a quelques mois, j'imagine que c'est toujours le cas! Et prenez soin de vous.

Je vous embrasse, de loin, avec les coudes.




Proposition 3

du 20 mars 2020
(par Yves Adam)

"Le cercle de craie caucasien" 

(Der kaukasische Kreidekreis. Ici une version de Benno Besson créée en 2001)
est une pièce emblématique de Bertolt Brecht. Elle est une belle illustration du théâtre épique et didactique, cher à Brecht.
Brecht est l’un des pères du théâtre européen de l’après-guerre. Sa méthode, son point de vue sur l’écriture et le théâtre a souvent été mis en concurrence avec la méthode dite « Stanislavsky » et l’actor studio. Il fut un temps où les compagnies et les comédiens se « devaient » d’appartenir à l’une des deux « écoles ».
Je me souviens que lors de ma formation, cela était très fort ! Mon école (feu le conservatoire de Lausanne) était une école dite « brechtienne » avec à sa tête des metteurs en scène et comédiens tels Martine Paschoud et André Steiger.
Je suis aussi « fait de cela » et j'en transmets une partie.
Voilà pourquoi, entre autres raisons, je vous propose cela !
 
Benno Besson a fait une version colorée de la pièce de Brecht avec un travail du masque (ici masques de tissu fin de Anne Leray et Arielle Chanty) permettant de montrer l’universalité des personnages, tels des archétypes. Le plaisir du jeu et l'envie de raconter une histoire qui a une thématique universelle sont ici très présents.
Besson a d’ailleurs travaillé le masque sous plusieurs formes avec (entre autres créateurs de masques) la complicité de Werner Strub (1935-2012) dans le fameux spectacle « l’oiseau vert » de Gozzi, monté à la comédie de Genève en 1983 (J’ai pour ma part eu la chance de jouer avec l’un des masques de Werner Strub, celui du père Ubu dans « Ubu roi » de Alfred Jarry monté en 1997 par la compagnie Pasquier-Rossier (Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier, actuels co-directeurs du théâtre des Osses à Givisiez).
 
 
équipe artistique du spectacle
Pièce de Bertolt Brecht
texte français : Benno Besson et Geneviève Serreau
mise en scène : Benno Besson
assistante à la mise en scène : Bérangère Gros
scénographie et costumes : Ezio Toffolutti
lumières : André Diot
musique : Paul Dessau
masques : Anne Leray, Arielle Chanty
avec : Claude Barichasse, Delphine Bibet, Laurent Boulanger, Bruno Dani, Mathieu Delmonté, Akonio Dolo, Christian Hecq, Zoé Lebreton, Olivier Loretan, François Maille, Philippe Marteau, Gilles Privat, Patricia Pottier, Emmanuelle Ramu, Coline Serreau, Nicolas Serreau, Daniel Vouillamoz, Peter Wilkinson.

Biographie de Benno Besson
http://tls.theaterwissenschaft.ch/wiki/Benno_Besson

            Biographie de André Steiger
http://tls.theaterwissenschaft.ch/wiki/André_Steiger
            Biographie de Martine Paschoud
http://tls.theaterwissenschaft.ch/wiki/Martine_Paschoud
            Biographie de Werner Strub
http://tls.theaterwissenschaft.ch/wiki/Werner_Strub


La pièce est ici divisée en 6 extraits à voir à la suite ou en épisodes.

Extrait 1
https://www.youtube.com/watch?v=bH6mzBQF_80&t=163s

Extrait 2
https://www.youtube.com/watch?v=0BRCnqRg0t0&t=4s

Extrait 3
https://www.youtube.com/watch?v=bMWJq1j9jFk

Extrait 4
https://www.youtube.com/watch?v=--JvHvEPv7o

Extrait 5
https://www.youtube.com/watch?v=1RV3p4DVTJA

Extrait 6
https://www.youtube.com/watch?v=E13qX3XIH0I
 
 
Bon spectacle et haut les cœurs à vous toutes et tous :-)




Proposition 2

du 19 mars 2020
(par Jeanne Pasquier)

Un petit instant de poésie avec Yoann Bourgeois et 

"Celui qui tombe"

https://www.youtube.com/watch?v=n0zqQxz4DHs

J'ai décidé de vous envoyer ce lien, car il fait référence à plusieurs points abordés dans le travail du corps que nous voyons à la Ruche.Tout d'abord, le travail du choeur: cette foule en perpétuel mouvement. Soudain, un s'arrête, puis deux, puis tous. Le travail du centre est essentiel dans ce travail, sur une plateforme sans cesse en mouvement. Ensuite, l'attitude des corps est aussi très intéressante à étudier. "Penchés, perchés, naufragés ou rescapés, ils défient les lois de la gravité" nous dit Yoann Bourgeois, chorégraphe né en 1981. Je me suis dit que cela faisait écho à notre fameux training, lorsque nous chutons et essayons ensuite de trouver une manière "extraordinaire" de nous relever. Là aussi, le corps est mis dans une situation extraordinaire et le corps doit donc l'être aussi. Enfin, j'ai choisi cet extrait pour cette période tout particulière. Un des textes de présentation du spectacle fait tout à fait écho dans ce moment: "Comment ne pas tomber dans un monde qui chute ? Une petite tribu s’affaire à la tâche, résistant aux forces physiques. Celui qui tombe décentre l’humain en l’alignant sur le même plan que l’objet et tous ces corps bruts se trouvent traversés par les déséquilibres et la gravité."


Bonne dégustation, prenez soin de vous!




Proposition 1

du 18 mars 2020
(par Domenico Carli)

"La Linea "

https://www.youtube.com/watch?v=lKxXCmPi4MQ

est une série télévisée d’animation italienne créée par le dessinateur Osvaldo Cavandoli  et diffusée à partir de 1971 sur la Rai. L’idée géniale de ce petit chef d'oeuvre du film d’animation est de faire naître un personnage, tout un monde d’une simple ligne de feutre. Son succès est dû au caractère et à la silhouette (synthétique orientée par le nez) du personnage et notamment au « langage » incompréhensible mais si expressif (proche de ce qu’au théâtre nous appelons : gromelot). Ce qui est intéressant pour moi c’est le caractère du personnage : tonitruant, insouciant et même moqueur! En fait un type assez insupportable. Il interagit notamment avec la main du dessinateur qui lui propose des rencontres et des évènements inattendus. 

Remarquez comment il prend en considération ces évènements et comment il les négocie, les commente.

Remarquez encore comment il s’adresse à son dessinateur, et comment il prend à parti les spectateurs…tout y est! 


La musique rythme sa démarche et ponctue les événements. Les fonds de couleurs illustrent parfois ses états d’âmes… parfois je pige pas…

Bonne dégustation 


Belle journée…et portez vous bien!

(Coronavi)Ruche -

La Ruche chez soi

Chères amies et chers amis de la Ruche,

En ces temps ubuesques, l'équipe de La Ruche, pour maintenir un petit lien socialo-culturel-affectif, vous propose un rendez-vous quotidien à distance.


Dans la mesure du possible, chaque professeur va vous proposer à tour de rôle une petite friandise (visuelle et/ou auditive) au goût de miel et de théâtre à déguster à votre gré pendant la journée, chez vous.


>> à voir ci-dessus

Les coordonnées de la Ruche - inscriptions 20-21

ÉCOLE DE THÉÂTRE AMATEUR POUR ADULTES (Dès 16 ans)


AVIS AUX AMATEURS !

Vous pouvez  nous écrire pour toute information concernant la saison 20-21 à l'adresse:
laruche.ecole.de.theatre@gmail.com

Inscriptions à l'adresse:
LA RUCHE
℅ Yves Adam
rte de Marin 5b
1000 Lausanne 26

Des informations supplémentaires se trouve sur le site du TKM en lien ci-dessous.


Nos professeurs

Domenico Carli, auteur, metteur en scène, comédien (Directeur de la Ruche)
Yves Adam, comédien, enseignant (responsable pédagogique de la Ruche)
Peggy Dias, comédienne
Jonathan Diggelmann, comédien
Maëlla D’Angelo, comédienne, circassienne
Jeanne Pasquier, comédienne
Emmanuelle Ricci, comédienne

Juliette Vernerey, comédienne


>> voir dans le menu "À propos" 
ou cliquer sur le bouton ci-dessous

Notre histoire

Depuis la saison 15–16, La Ruche propose des cours de théâtre structurés sous la forme d’ateliers dirigés par un pool de comédiens pédagogues du TKM.
C’est l’occasion pour les élèves de se familiariser avec un art, un univers, au travers de cours transmettant les techniques et savoirs du jeu masqué et non-masqué, du travail du texte, du travail du mouvement, de la danse et du training, de l'improvisation, le tout inspiré de la méthode du Teatro Malandro et de son fondateur et Directeur du TKM, Omar Porras. 


du théâtre aussi pour les 5-16 ans!

Notre école est également en lien étroit avec l'EML, école de musique de Lausanne qui a ouvert des cours de théâtre suite à la création de la Ruche en 2016. Yves Adam est le responsable du cours donné aux enfants de la 5ème à la 11ème année scolaire (9-16 ans). Il est secondé par une partie des autres professeurs de la Ruche. 
Une belle synergie entre deux institutions culturelles et pédagogiques!
En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez accéder aux pages *cours de théâtre* de l'EML. 

Cours d'initiation à la comédie musicale pour enfants et adultes 

L'EML propose un cours pour enfants "Andante" et un cours pour adultes "Alegretto". Le pan théâtral de ces cours est donné par Yves ADAM, professeur à la Ruche Rendez-vous sur le site de l'EML.

(Coronavi)ruche

Juste les propositions

Vous trouverez ici les liens des propositions sans les descriptifs

pour voir les descriptifs détaillés, voir plus haut

[1] "La Linea "

https://www.youtube.com/watch?v=lKxXCmPi4MQ

[2] "Celui qui tombe"

https://www.youtube.com/watch?v=n0zqQxz4DHs


[3] "Le cercle de craie caucasien" 

Extrait 1
https://www.youtube.com/watch?v=bH6mzBQF_80&t=163s

Extrait 2
https://www.youtube.com/watch?v=0BRCnqRg0t0&t=4s

Extrait 3
https://www.youtube.com/watch?v=bMWJq1j9jFk

Extrait 4
https://www.youtube.com/watch?v=--JvHvEPv7o

Extrait 5
https://www.youtube.com/watch?v=1RV3p4DVTJA

Extrait 6
https://www.youtube.com/watch?v=E13qX3XIH0I

[4] "Parodie du conservatoire"

https://www.youtube.com/watch?v=V46n7XqPx88&t=6s

[5] "Gilbert sur scène"

 https://www.youtube.com/watch?v=z4sSgN6Auhw

[6] "The Cost of living" 

"Believe dance"

https://www.youtube.com/watch?v=QgUT0Ufmkbk


https://www.youtube.com/watch?v=yHV0CSwF25M

[7] "The Patsy"

 https://youtu.be/T_-eszqHT9I

[8] "Les deux voyages"

https://youtu.be/koExYifqFRo 

[9] "Peter Brook : Les murs parlent"

https://vimeo.com/398459499

[10] "PeepingTom Le Salon, Trio Gaby Uma Franck"

https://www.youtube.com/watch?v=b1SIUcfS1Zw

[11] "Alias AS "

Partie 1
https://youtu.be/1djiNcVie4U

Partie 2
https://youtu.be/mBuFS5ny8bA

Partie 3
https://youtu.be/yq4uhlTl2s0

Partie 4
https://youtu.be/wOmwkF9O6Co

[12] "Les Boloss des belles lettres"

Phèdre
https://youtu.be/m20msXnvIGY

Cyrano de Bergerac
https://youtu.be/ImZxePaJqIM

Roméo et Juliette
https://youtu.be/-Yk48TEGIao

Le Cid
https://youtu.be/KAPfIL5ZaHw 

[13] "Enivrez-vous"

https://www.youtube.com/watch?v=ZpKb5I6kxbM

[14] "Scylla"

https://www.youtube.com/watch?v=EY6M8nl3Adg&list=PLmngG2XaRrsD-JWiunRv9MwXM8b2_kMK6&index=2

[15] "James Thierrée"

https://www.youtube.com/watch?v=MDs7b4P6wHo


https://www.youtube.com/watch?v=cefQAaQJD-o


[16] "The Haunted House"

https://youtu.be/apeANV2gg-A

[17] "May B"

https://youtu.be/71wZJLRAYz0


[18] "Omar Porras"

https://www.youtube.com/watch?v=5LVxsQpvyPI


[19] "T'es bête ou quoi ?"

https://www.youtube.com/watch?v=LtWqbXVsA3Uhttps://www.youtube.com/watch?v=LtWqbXVsA3U

[20] "Thyeste"

https://www.youtube.com/watch?v=C1WmhD4Du1w


[21] "Christophe Tarkos"

https://www.youtube.com/watch?v=KGW5dxXZFTY





>> Autres liens vers des institutions du théâtre et de la danse 

Je vous informe que vous pouvez vous rendre régulièrement sur les sites des théâtres romands et francophones qui diffusent ces temps-ci des spectacles enregistrés, des témoignages, des documents divers.


Parmi eux LA COMÉDIE FRANÇAISE
https://www.comedie-francaise.fr
qui propose quotidiennement de découvrir plusieurs documents intéressants.

Autres sites de théâtre qui diffusent également des documents:
LA COMÉDIE DE GENÈVE
https://www.comedie.ch
LE THÉÂTRE DE VIDY
https://vidy.ch/vidygital
LE BÉJART BALLET LAUSANNE
https://www.bejart.ch



















La Ruche

ÉCOLE DE THÉÂTRE AMATEUR POUR ADULTES (Dès 16 ans)


AVIS AUX AMATEURS !

Les groupes pour la saison 19-20 sont formés. Vous pouvez néanmoins nous écrire pour toute information concernant la saison 20-21 à l'adresse:
laruche.ecole.de.theatre@gmail.com

Inscriptions à l'adresse:
LA RUCHE
℅ Yves Adam
rte de Marin 5b
1000 Lausanne 26

Des informations supplémentaires se trouve sur le site du TKM 
https://www.tkm.ch/le-tkm-pour-son-public/atelier-de-theatre-pour-les-amateurs/



Jimdo

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